La maternité de Saint-Amand-Montrond, fragilisée depuis plusieurs années par la baisse du nombre d’accouchements, fait l’objet d’une initiative inédite de la part de la municipalité. Confrontés à une chute continue des naissances – de 400 en 2010 à moins de 250 en 2024 – les élus locaux tentent de renverser la tendance pour éviter une fermeture redoutée.
Une prime de 1 000 € pour inciter les futures mères à accoucher sur place
Face à la perspective d’un passage sous la barre des 200 naissances en 2026, le maire de Saint-Amand-Montrond, Emmanuel Riotte, a annoncé une mesure exceptionnelle : une prime de 1 000 euros, versée sous forme de bons d’achat dans les commerces locaux, pour toutes les femmes choisissant d’accoucher à la maternité de la ville.
Cette prime, financée à parts égales par la ville et la communauté de communes Cœur de France, vise à enrayer les départs vers les établissements voisins, notamment Bourges et Nevers, et à attirer de nouvelles familles.
Un seuil vital de 300 naissances par an
Selon le maire, l’établissement peut assumer un volume de 400 accouchements par an, mais sa survie dépend surtout du maintien d’un seuil minimal de 300 naissances, indispensable pour garantir sécurité et qualité des soins. Un chiffre rappelé par un rapport de la Cour des comptes en mai 2024.
Dans un département où les naissances ont chuté à 2 374 en 2024, soit 1 000 de moins qu’en 2000, le recul démographique renforce l’urgence.
Une maternité en sursis
Avec seulement 241 naissances en 2024, la maternité de Saint-Amand-Montrond rejoint la liste des petits établissements sous pression, comme ceux de Pithiviers, Châteaudun ou Le Blanc, tous fermés ces dernières années.
Moins une maternité pratique d’accouchements, plus elle peine à recruter et maintenir du personnel qualifié, un cercle vicieux qui accentue le risque de fermeture.
L’Agence régionale de santé rappelle toutefois que seule la sécurité des patientes peut justifier une suspension d’activité : absence d’équipe complète disponible 24 h/24 et 7 j/7.
Un pari pour la survie du territoire
En renforçant la fréquentation de la maternité, les élus espèrent stabiliser les effectifs, garantir la continuité des soins et soutenir à la fois l’économie locale et l’attractivité du territoire.
La prime de 1 000 € marque ainsi un pari audacieux : celui de redonner un avenir à une maternité essentielle pour le sud du Cher.